EGALE LIBERTE

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Differences et différends avec certaines propositions alternatives actuelles

Différences entre le projet "ELLE"  et un certain nombre de propositions de transformations "politiques".

La première différence est bien sûr que la proposition "ELLE" ( Égale Liberté Libre Égalité ), n'est pas prioritairement un projet d'organisation ou de réorganisation politique des sociétés humaines, mais d'abord une proposition de renouvellement d'un certain lien moral contractuel entre personnes, dont on fait l' hypothèse qu'il rétroagira sur les organisations sociales et politiques que ces personnes voudront se donner ... à partir de ce nouveau lien moral,  défini par leur libre volonté personnelle, et non par un "collectif" préalable.

Certaines propositions de reprises du processus "démocratique" "à la base" peuvent  sembler proches de ma proposition par certains aspects, au niveau des "valeurs" partagées ( "Liberté, Égalité, Fraternité .... ) . Mais beaucoup d' entre elles continuent à avoir des présupposés non discutés sur certaines références "de base" en matière de "souveraineté" et de "peuple".pré-constitué.

Un exemple typique se trouve du côté des "constituants" qui veulent reprendre le processus de "constitution"  en définissant une "assemblée constituante" .

( "Pour une Constituante" d' André Bellon, par exemple ) .

Ce qui dès le départ fait ici une différence considérable avec ma propre démarche, c'est que ces "constituants" ne semblent absolument pas remettre en question la définition même du "peuple". Il leur semble évident que les "citoyens" constituants à rassembler sont ceux-là même qui sont déjà actuellement  les "citoyens français" ...  donc d'un "peuple" historiquement, géographiquement, ou même simplement institutionnellement DÉJÀ constitué ... Ce sont des "Français qui s' adressent aux Français"  ... et tournent en rond dans leur propre "identité" pour le moins problématique ... et d' autant plus problématique qu' ils ne sont qu'une poignée de militants "groupuscule"  à prétendre ainsi  se "constituer" ... ce qui serait intéressant, s'ils ne cherchaient qu' à "constituer"  leur propre "association".
Mais ils veulent re- constituer ... la "République Française"  ...

Or la première des questions  critiques à émettre devrait être  celle de la constitution même d'un tel "peuple" ...  avant de se demander qu'elle "constitution" ( politique ) un tel "peuple" va se donner et comment.

Il y a là un point aveugle des "constituants", qui à la fois, en républicains et démocrates stricts, prétendent que le "peuple" n'est "constitué" qu' à partir d'une constitution qu'il se donne politiquement et présupposent cependant par ailleurs, qu'il existe déjà de façon "naturelle" ou pré-constitutionnelle. Sur une base "éthnique" peut-être ???
Ou linguistique ? Ou mythologique de quelque "France Éternelle" ( depuis quand ? depuis Clovis, Charle Martel , Louis XI , François Ier ... ou depuis la Révolution Française ? ou la IIIème République ?  ) .

Assurément il ne s'agit pas là  de la même notion de "peuple" !!!  Les confondre a priori est très exactement le point aveugle de tous les systèmes basés sur une supposée "souveraineté populaire". Mais la contradiction "française" vient précisément du fait que le "peuple français" est, pour nos "républicains", censé être formé par la seule volonté rationnelle de ses citoyens de "vivre ensemble" , alors que ce "peuple" supposé  est  par ailleurs aussi formé comme partout ailleurs , dans les autres "états-nations" par toutes sortes de forces hétérogènes qui ont conduit à une stabilisation historique  toute provisoire d'une telle "identité politique" ... même si elle est plus ou moins récente dans l' histoire.

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Un conflit "agonistique" mais pas nécessairement "antagonistique" entre ma proposition et celle de Chantal Mouffe ?

Il faudra examiner cela de près ....

Une première ressemblance :
Comme Chantal Mouffe, je n' adhère pas à la croyance qu'il existerait une forme politique à la fois "rationnelle" et "consensuelle" pour tous.
C'est la raison pour laquelle, dans la proposition "ELLE" , je ne contente pas de reprendre la première moitié " Égale Liberté",  comme s'il existait un tel principe d' "Egale Liberté" rationnel et universel, valable "a priori" pour tout sujet humain, comme on peut en effet le trouver chez certains penseurs critiqués par Chantal Mouffe.
J' ai explicitement ajouté la proposition d'un principe réciproque de "Libre Égalité", qui fait explicitement de l' adoption de ce principe un CHOIX PERSONNEL, qui ne vaut donc que par et pour les PERSONNES qui l' adoptent.

Mais je ne crois pas non plus, contrairement à Chantal Mouffe, qu' on puisse trouver directement dans une forme strictement politique du conflit au sens où elle l' entend, un moyen de " résoudre " ce problème : c'est pourquoi, en partant de ma propre mise en situation singulière, c'est à la notion de "personne souveraine sur elle-même", donc à une notion d'abord "morale" ( en tant que définie par la liberté de la personne  ) que je fais appel.
Je fais donc, comme Chantal Mouffe propose de continuer de le faire, une différence bien claire entre un "NouS" et un "EuX" .
Mais  la façon dont cette différence se construit ne relève pas d' abord sans doute des catégorisations politiques proposées par Chantal Mouffe.
Car je pense que seules des personnes se voulant elles-mêmes à la fois radicalement libres et radicalement égales entre elles, peuvent efficacement constituer ENTRE ELLES, un rapport collectif  "démocratique agonistique" qui ne dérive pas à nouveau, soit vers le "consensus hégémonique" , soit vers l' antagonisme guerrier schmittien "ami / ennemi" .

C'est sur la base d'un tel CHOIX PERSONNEL "RADICAL" ( à la racine de l' auto-fondation morale de la valeur de la liberté personnelle comme librement partageable ...)  ,qu' ensuite je propose ( ... aux personnes qui le voudront et en manifesteront la volonté ) la refondation d'un nouveau contrat social, juridIque et politique "constituant".
C'est ce collectif potentiel de "personnes souveraines sur elles-mêmes, libres et égales" , qui constitue le collectif politique nouveau auquel "je" me réfère :
NouS,  le "P.E.U.P.L.E". Pour le moment "virtuel" : il n' existe que dans sa définition formelle  ... et de façon diffuse inconsciente chez toutes les personnes qui implicitement en partagent pour l' essentiel  l' "idée" et cherchent chacune à la rendre suffisamment compatible avec ses propres pratiques personnelles, sociales, politiques ...

Ce collectif encore "inconscient" de lui-même sous la forme d'une "conscience collective", ne constitue cependant pas non plus une "classe sociale" au sens marxiste.
Et ne peut être confondu avec aucune des entités collectives instituées existantes ( Etats, ONU, "Europe", etc. ) et encore moins avec une "communauté" ethnique ou religieuse particulière.

Évidemment, les "bonnes âmes humanistes" ( dont Chantal Mouffe suspecte à bon droit le "consensus" ) diront peut être que ce que je propose sous ce "NouS", n'est rien d'autre que l' "Humanité" en tant qu'elle est idéalement décrite et "instituée" par la "Déclaration Universelle des Droits Humains" .

NON, ce n'est pas la même "chose"
- VOUS êtes supposés appartenir à l' Humanité des "Droits de l' Homme", sans qu'on VOUS ait directement posé la question de savoir si VOUS le voulez ou pas ...
 ( Les "droits humains" sont traditionnellement considérés comme des "droits naturels" ... même s'ils sont aussi considérés comme ne tirant leur valeur effective QUE du consensus des "États parties" des Nations Unies ... )
- Mais VOUS ne pourrez  "appartenir" au collectif que je désigne par "NouS" , que pour autant que VOUS l' aurez personnellement librement VOULU, en sachant par conséquent suffisamment à quoi et jusqu' à quel point VOUS VOUS y engagez .
 

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Dans ma propre proposition "ELLE",  le point fixe souverainement auto-constitué n'est pas un quelconque "peuple", mais bien la personne, chaque personne pour elle-même, pour autant qu' elle choisisse par elle-même de se constituer ainsi "souverainement" ( A ne pas confondre avec les "individus ingouvernables"  s'isolant dans leur propre plainte et déréliction de solitude anomique consommatrice et revendicatrice... dont le contexte actuel fabrique des exemplaires à la pelle ).
Mais cette différence, SI vous voulez la faire pour vous-mêmes, ne dépend ... que de vous : aucune autre personne, ni aucun "peuple souverain" ne le fera à votre place.

Comme je l' ai dit dans d' autres pages, le seul "PEUPLE" souverain légitime dans cette perspective est celui qui est virtuellement "constitué" par et pour les "personnes souveraines libres et égales" se reconnaissant mutuellement comme telles. 

Il est par définition même "UN" puisque "tout le monde" PEUT s'y "reconnaître" s'il choisit librement de le faire ET de reconnaître aux autres personnes qui font ce même choix  cette même "identité" et "dignité".
C'est donc le libre choix personnel d' adhérer au principe universalisable ( mais pas nécessairement universel ) d' "Égale Liberté Libre Égalité"  qui en constitue le "lien contractuel" principal et "constituant".
Dans cette "assemblée constituante virtuelle", chaque personne qui choisit d'y adhérer se "représente" elle-même, et ne délègue à d'autres "personnes souveraines  libres et égales" que des autorisations partielles de la représenter à telle ou telle occasion, mais jamais dans un quelconque "mandat" global.
Ce n'est donc pas la "Constitution" d'un État, d'une Nation, ou d'une quelconque communauté politique tels que nous les connaissons jusqu' à présent.  Ni encore moins, une "communauté religieuse" ou "ethnique"  "culturelle" ou "civilisationnelle".

C'est littéralement une communauté d' ELLEction. Où chaque personne adhérente décide par ELLE-MEME, d'y adhérer ou pas, ou seulement  "plus ou moins", dans toutes sortes de "nuances de gris". La contre-partie immédiate est qu'on ne peut pas attendre légitimement , dans ce nouveau "contrat", des autres personnes adhérentes "plus" d'intérêt commun qu'on n' est soi-même prêt à y accorder, symboliquement, imaginairement ou réellement ... "On" ne peut fondamentalement Y trouver que ce qu'on Y apporte. Rien donc si on décide librement de ne rien Y apporter.
La seule exigence définitionnELLE  est celle de la libre adhésion
au "principe" de cette définition, que vous pouvez donc par définition refuser, que toute forme qualitative ou quantitative  de LIBERTÉ  que vous Y demanderez "légitimement" pour votre propre exercice, vous devez AUSSI, "également", la reconnaître à toute autre "personne" qui entrera comme vous ou "autant" que vous dans ce même "contrat".

La "liberté" qui Y est partagée ne connait pas d' autre "limite" que celles qui résultent - en fonction des contraintes du réel conditionnant l' exercice de cette liberté partageable -  de cette volonté commune de reconnaître l'exigence de  liberté de ces autres personnes comme équivalente à la vôtre, pour autant que ces autres personnes vous garantissent en retour cette même reconnaissance.

Une partie de cette "définition" est depuis longtemps connue ...  ( Déclaration des Droits de l' Homme et du Citoyen de 1789  )


Art. 4. -

"La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi."

Mais cet article reste ambigu, parce qu'en plus du simple principe d' "Égale Liberté", d'autres notions , viennent brouiller la pureté définitionnelle, et susciter des interprétations ( "nuire à autrui" , la où il s'agit de ne pas nuire à sa LIBERTE , ou encore la notion de "droits naturels" ) , alors qu'il n'est question fondamentalement que d'un seul droit formellement lié à l' "Égalité des Libertés" .

Proposition réécrite à ma façon :
( de multiples réécritures peuvent en être données dans différents "langages" ... et si vous trouvez mieux pour "dire la même chose" n'hésitez pas ):

"La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas au droit identique des autres à pouvoir également  tout faire : si vous voulez en garantir la valeur "juridique" ou "politique", ou  la "réalité" économique et sociale pour vous-mêmes, vous devez également la garantir à toute autre personne, dans la mesure où ces autres personnes contribuent comme vous à se garantir mutuellement la réalité de cette liberté". 

Remarquez bien le caractère "conditionnel" : non pas "vous devez !" , "catégoriquement" , mais "SI VOUS VOULEZ GARANTIR ... alors vous DEVEZ".
C'est donc un "impératif conditionnel" et non pas un "impératif catégorique" d'une loi transcendantale ou d'un "droit naturel" ...
Cette "obligation" est facile à comprendre : elle résulte de la pure et simple "réciprocité" :
SI vous attendez qu' une autre personne "DOIVE" respecter votre DROIT , alors vous aussi DEVEZ respecter le sien.

Une telle "communauté d' Égale Liberté" est a priori ouverte à tout "organisme" réel capable d' en exprimer la demande et l' exigence pour "lui-même"  et capable d' en reconnaître l' équivalent chez d'autres organismes et donc de participer LIBREMENT et à EGALITE à une telle "communauté".
Mais un tel "organisme" ne peut en faire effectivement partie que s'il choisit lui-même librement d' en faire partie ... 
Il faut donc qu'il soit capable, d'une façon ou d'une autre d' en "comprendre" le principe ...
ET d' Y adhérer  en reconnaissant aux autres organismes-personnes cette même Égale Liberté.

Tous les "êtres humains" ( ceux dont parle la DUDH ... ) sont en principe capables d' en comprendre le principe ( "Tous les êtres humains .... sont doués de raison et de conscience ..." ). Et il se peut que d' autres "organismes" ( biologiques, collectifs  ou artificiels) le soient ou le deviennent ( capables de se comprendre eux-mêmes comme de telles "personnes" et de reconnaître d' autres organismes  dans ce même statut "personnel", libres et égales par cette liberté même auto-posée dans cette libre compréhension de "soi"  comme personne ).
Dans cette définition de l' Égale Liberté des Personnes, il n' y a aucune exclusivité "humaine" en tant qu' espèce biologique "homo sapiens"
( "ELLE" n'est pas "spéciste"  et l' "humanisme" éventuel ne se réfère pas aux caractéristiques biologiques de l' espèce homo sapiens  ou du genre "homo" )
Mais inversément, un "être humain", aussi "intelligent" et capable soit-il de "comprendre" de quoi il est question, ne fera effectivement partie de cette "communauté" qu' en le décidant LIBREMENT lui-même, personnellement, et sachant en même temps ( par définition de l' Égale Liberté à laquelle il adhère alors ), que les autres "personnes souveraines, libres et égales", auront les mêmes droits fondamentaux garantis que lui-même, pour autant que ces autres y adhèrent aussi librement.
 


Date de création : 03/01/2016 18:19
Dernière modification : 03/01/2016 18:19
Catégorie : Critique politique
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