EGALE LIBERTE

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L' "Egaliberté" d' Etienne Balibar est une moitié d' ELLE

ELLE et la "Proposition de l' Egaliberté" d' Etienne Balibar

La proposition "ELLE" (  ou la "PELLE" ) ne  prend pas directement son origine à partir de la "Proposition de l' Egaliberté" d' Étienne Balibar, ni dans une référence directe au "premier principe de justice" de John Rawls ( appelé aussi Principe d' Egale Liberté )

Je ( Armand Stroh ) n' ai rencontré les textes d' Etienne Balibar que relativement récemment, précisément à partir de recherches que j' ai voulu faire sur la Toile,  d 'écrits philosophiques ou autres qui auraient eu explicitement la même idée de base que celle que je propose .

Je ne ferai pas dans cet article d'historique de l' élaboration ( ( ELLE a beau Ratio ... ?  ) de ma propre Proposition "Égale Liberté Libre Égalité", qui n'est "ELLE-MEME" qu'une reformulation de ce que j' avais précédemment appelé "Loi Morale Nouvelle" ou "LMN" .

Mais la rencontre des textes d' Etienne Balibar m' a conduit et me conduit toujours à y trouver une  forte interaction de problématiques communes,  Y compris dans une certaine liberté de la création de formes linguistiques, de néologismes ou de diagrammes schématiques.

De plus, j'ai retrouvé, dans l'orbite philosophique des références de Balibar, une autre "vieille connaissance", celle de Jean-Luc Nancy, dont la première rencontre se situe loin en arrière, lors de ma formation philosophique "universitaire" aux alentours de 1972 à Strasbourg.
Ce n'est donc pas un simple hasard qui me fait aussi reprendre la question posée vers la fin des années 1980 par Jean-Luc Nancy "Qui vient après le sujet ?", bien que je n'y revienne moi-même que trente ans après que le "sujet" ait été distribué ... ( la polysémie du sujet , toujours et encore ... )

La lecture des textes de Balibar me permet donc une forme de confrontation philosophique qui précise en retour certaines de mes propres idées.

Une des zones de différence importante entre la Proposition "ELLE" et la Proposition de l' Egaliberté d' Etienne Balibar  se trouve précisément dans le fait que  Étienne Balibar se propose explicitement de mettre en évidence l' articulation extrêmement forte de la "LIberté" et de l' "Egalité" , non seulement dans sa propre pensée ou théorie, mais plus exactement dans la vie des idées elle-même ( "chose même", "Sache Selbst" ? ) telle qu'elle s'est culturellement, juridiquement  et politiquement cristallisée au moment de la Révolution Française. Alors que pour moi, cet enracinement historique n'est pas primordial et n' apporte rien à la "justification" de ma propre proposition.

Ce qu'il y a de commun évidemment entre la Proposition de l' "Egaliberté d' Etienne Balibar et celle que je fais de l' "Egale Liberté Libre Egalité" ( "ELLE" ), c'est la problématique du rapport entre "Liberté" et "Égalité"  et aussi l' hypothèse commune que ce rapport n'est pas simplement d'une conflictualité externe, mais au contraire d'une très profonde liaison réciproque entre ces deux "idéaux révolutionnaires". ( Sauf que pour Balibar il s'agit d'une liaison historiquement avérée, une "vérité" quasi expérimentale ou du moins observationnelle, alors que ce qui m'intéresse au contraire, c'est que cette liaison Égalité - Liberté puisse être entièrement librement décidée par la personne elle-même, à partir précisément de l' auto-position de sa propre liberté personnelle et de sa libre décision de reconnaître celle, librement identique, de ses pairs )

Chez Etienne Balibar cependant, l' adoption du néologisme "Egaliberté" est liée à une quasi identification des deux Idéaux
( bien que "négative" sous forme d' "elenchos" ... EL en cause  toujours ? de la chose même ? )

Ainsi cette "Egaliberté" est aussi traduite par Balibar sous la forme quasi logico-mathématique d'une équation : E=L
Par ailleurs Balibar ne pose pas cette "proposition" - qui est pourtant explicitement la sienne - comme une proposition d'abord "personnelle" - mais comme la formulation théorique du noyau même de la proposition révolutionnaire historiquement impliquée dans la Révolution Française et dans les rapports entretenus avec l' histoire de ces idées révolutionnaires. Autrement dit, Balibar se pose ici en "historien de la philosophie" qui cherche à construire une "théorie" concernant la "vie des idées" effectives qui auraient animé la dynamique intellectuelle des idées révolutionnaires au cours des derniers siècles.

Il y a là une différence dans la destination du projet d' Etienne Balibar ( hypothèse théorique explicative d'une dynamique historique de certaines idées ) et du projet lié à ma proposition "ELLE" : Ma proposition ne vise aucunement à "expliquer" quoi que ce soit. Il s' agit d'une proposition purement "normative", le noyau même d'une "normativité nouvelle" (  qui peut être entendue "NouSvELLE" ... ),  mais dont précisément le deuxième membre ( Libre Égalité ) exprime explicitement la liberté d' adhésion radicale ouverte à chaque personne. Balibar dit même que sa Proposition prétend à la "vérité".  Ma propre proposition  exige une séparation des motifs et raisons  de sa formulation ( "justification" ) de toute considération de "vérité" qui la concerne. La "normativité nouvelle" qu' elle énonce ne se réclame d' aucune "vérité" préalable. ELLE s' appuie purement et simplement sur une libre décision que chaque personne peut prendre ou ne pas prendre, ou prendre dans une "certaine mesure" ... dont elle sera responsable vis à vis d' elle-même.  Des problématiques de "vérité" ne peuvent ici intervenir qu' après coup, par exemple pour analyser en retour les effets d'une telle décision dans le "réel".
Je propose d'ailleurs de ne retenir comme proprement engagées dans une question de "vérité" que des analyses acceptant une démarche de type "scientifique", la "scientificité" étant elle-même partiellement évolutive tout en restant fidèle à elle-même ( à son "esprit" : l' "esprit scientifique", peut être "nouveau", pour reprendre une expression de Bachelard ).

( Cette décision au sujet de la "vérité" est elle-même librement décidée, dans le geste même qui pose "ELLE" comme idéal.
Elle n'est donc pas en elle-même "scientifique", mais simplement "morale", impliquant la liberté et la responsabilité de son geste :
D'autres personnes peuvent prendre pour elles-mêmes d'autres décisions concernant leur rapport à la "vérité" ... et trouver les personnes qui font un choix similaire pour "faire société" avec elles )  )

Le lecteur peut donc dans un premier temps considérer que la première moitié de "ELLE" , à savoir l' "Égale Liberté"est en très forte affinité avec l' "Egaliberté" d' Etienne Balibar , et au-delà avec toutes les formulations philosophiques qui ont pu travailler sur une "Égale Liberté", comme notamment la Théorie de la Justice de John Rawls.

Mais précisément, l' "Égale Liberté"'  n' est pour moi qu' une "moitié"  d' "EL-LE" .

L'idée d'ailleurs de cette "autre moitié" se trouve d'une certaine façon diversement énoncée par Balibar, et par bien d' autres auteurs qui ont analysé la double référence  des idées de liberté et d' égalité dans la Révolution Française et dans la Révolution Américaine, mais aussi dans les diverses conceptions du Droit en général, dans la tension entre "Homme" et "Citoyen", etc. , et dans des traditions philosophiques elles mêmes de double "lignage".

Dans ma propre proposition "ELLE", la première moitié "EL" ne "tient" qu' adossée à la seconde "LE" ... et réciproquement.

C'est donc bien une identique "décision" qui les fait "tenir" ensemble et qui du même coup propose une toute autre mise en équation de la Liberté et de l' Egalité, dont chacune se trouve immédiatement "relativisée" par l' autre par l' "adjectivation" de son "nom".

Il ne s'agit donc plus comme chez Balibar de prétendre que l' équation révolutionnaire  "E=L" a un statut de "vérité", même simplement négative, de constat empirique, et donc peut-être de chercher à tirer des conséquences politiques, juridiques  ou éthiques normatives d'une telle supposée "vérité" .

Le statut "normatif" de la proposition "ELLE" est directement inclus en ELLE MEME, n' ayant donc de "valeur" que pour les personnes qui y adhèrent librement:

- Dans la première moitié ( "Égale Liberté") :  le contenu potentiel de cette norme : l' exigence que toute "liberté" fondamentale revendiquée par une personne ( ... être humain sujet citoyen ... ?  ) auprès des "autres" ou d'une communauté politique, juridique  ou éthique,  PUISSE ( et non pas doive ! ) être simultanément réalisée par cette personne ET par toute autre personne dans l' Univers qui se soumettrait elle-même à cette exigence.

- Dans la deuxième moitié ( "Libre Egalité" ) :  l' énoncé explicite que la valeur d'une telle décision fondamentale ne peut résulter que de la libre adhésion individuelle de la personne à une telle "normativité nouvelle", et ne peut pas être déléguée ni à d'autres personnes, ni à un quelconque collectif, sauf avec un mandat explicite librement énoncé par cette personne qui en détient toujours la révocabilité ultime.

On voit que la première moitié se rapproche en effet davantage de la conception du contrat social rousseauiste ( ou kantien ou "républicain" en général, ou de la "citoyenneté" moderne en général, ou du "premier principe de justice" de Rawls ) , alors que la deuxième moitié se réfère explicitement à une formulation plus proche du "libéralisme" philosophique politique.ou encore d'un "libertarisme de gauche".

La proposition "ELLE" est donc aussi explicitement une proposition de dépassement ( mais uniquement pour les personnes qui font ou feront ce libre choix ...), de la classique opposition que certains croient encore pouvoir entretenir, entre "républicanisme" et "libéralisme".

Mais cette proposition ne peut pas, par sa libre définition même, prétendre à une quelconque "universalité a priori"
( Très grande différence avec l' "impératif catégorique" kantien ... ), puisque la nouvelle valeur de la liberté qui y est posée comme "Egale Liberté" ne l' est précisément que sous la condition du libre accord individuel des personnes qui font un tel choix ( c'est ce que dit l'expression "Libre Égalité" ).
Il s'agit donc notamment de se prémunir d'avance, du point de vue de la formulation idéale, de toute prétention ou tentation de "totalitarisme" sous prétexte d' "universalisme"..

La Proposition "ELLE" ne prétend à aucune "universalité nécessaire", mais seulement à son "universalisabilité" potentielle pour toutes les "personnes" ( dans l' univers physique et pas simplement des humains homo sapiens sur la planète Terre ) qui en feraient le libre choix. Le destin des "autres" ... est dans leurs propres mains ...

Son "impératif" est donc directement conditionné par le degré de liberté de choix auto-proclamé des personnes : seules les personnes qui font librement ce choix sont "concernées" par cette "normativité nouvelle" et acceptent donc évidemment, que leurs "pairs" dans ce nouveau "contrat social" soient aussi libres qu' elles mêmes dans ce choix , même si leurs capacités ( au sens par exemple d' Amartya Sen )  de diverses natures ou cultures sont par ailleurs différentes.

C'est bien parce qu' ELLE n' a aucune prétention à l' "universalité a priori" ni même à la généralité empirique dont Balibar pense pouvoir établir la "vérité" de sa propre proposition d' "Egaliberté", mais repose par définition sur la seule libre décision des personnes, qu' ELLE n' a pas non plus besoin de faire semblant de s'appuyer sur une prétendue "vérité" préalable et peut se passer de toute recherche de "démonstration" comme celle que Rawls prétend faire à partir de sa fiction du "Voile d' Ignorance". La "valeur" de la proposition "ELLE" se passe de toute "démonstration" supposée de ce genre, puisqu' ELLE repose précisément sur la Libre adhésion personnelle, certes "éclairée" par la connaissance de l' idéal d' "Egale Liberté" auquel précisément  ces personnes choisissent d' adhérer.

La "vérité" - sincérité de sa forme d' adhésion à l' idéal d' "ELLE" ... ne dépend aussi fondamentalement que de cette personne :
si cette personne ( moi y compris ... ) joue de différentes manières avec son degré d' adhésion, énoncé, mise en oeuvre ou pas de "lent gage ment" , etc. :

C'est son libre choix ... dont elle accepte par conséquent que ses "pairs" fassent de même à son égard.
( Égale Liberté de jouer avec "ELLE" et de prétendre "ruser" avec ses propres convictions, idéaux et engagements, du droit supposé de se "contredire", d' être incohérent, etc. : Si je me donne le droit d' être "incohérent", de dire un jour blanc un autre noir, je n' ai pas non plus le droit de refuser ce droit aux autres ...  ou alors je romps ou je transgresse le "contrat moral" auquel que je prétends souscrire )

C'est donc VousQuiVoyez.
 


Date de création : 04/04/2015 10:09
Dernière modification : 04/04/2015 10:09
Catégorie : EGALIBERTE BALIBAR
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