EGALE LIBERTE

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Projet de comparaison avec la Théorie de la Justice comme Equité de John RAWLS

Projet de comparaison avec la Théorie de la Justice comme Équité de John RAWLS

Il y a de fortes proximités entre notre proposition de l' "Egale Liberté Libre Egalité" et le dispositif bien connu de la "Théorie de la Justice comme Equité" de John Rawls.

De façon à clarifier les différences pour le lecteur, je m' appuierai sur  ses écrits traduits dans "Justice et démocratie" ( SEUIL 1993 ), qui clarifient ou rectifient sur un certain nombre de points les idées antérieures de Rawls exposées dans "Théorie de la Justice" .

Il y a dans la théorie de Rawls un certain nombre de concepts spécifiques qui font "système" les uns avec les autres, et dont certains vont être en résonance plus ou moins forte avec ma propre proposition de l' "Égale Liberté Libre Égalité" .

Les différences que je vais essayer de mettre en évidence par la suite, tiennent pour certaines au contenu des "principes de justice", mais aussi plus largement à la question méthodologique ou "procédurale" , mais surtout, avant tout peut-être, à l' objectif qui est  visé par  sa proposition et par le "public" auquel  elle s' adresse.
 

Par exemple : Une différence CAPITALE se trouve d'emblée dans le fait que Rawls semble s'adresser prioritairement  aux responsables politiques ou institutionnels, ou encore aux intellectuels ou philosophes qui peuvent espérer avoir une influence sur les sphères institutionnelles dans nos "démocraties modernes" telles qu'elles sont déjà constituées comme "Etats-Nations" ou du moins comme "États de droit" . En faisant comme s'il allait déjà de soi qu'un idéal commun partagé d'une telle "démocratie" comme "société bien ordonnée" était au fondement sociétal de ces États réels et effectivement partagé par leurs "citoyens".
Mais d'autre part, Rawls réserve son analyse à ces pays là et leurs citoyens, en disant clairement " que nous n'essaierons pas de trouver une conception de la justice qui soit valable pour toutes les sociétés, indépendamment de leurs situations historiques ou sociales particulières". ( p.77 J et D )
Rawls considère alors que sa "tâche réelle consiste à découvrir et à formuler les bases les plus profondes de cet accord dont on peut espérer qu'elles sont enracinées dans le sens commun ; ( ... commun à l' ensemble des citoyens des "démocraties modernes" )

Où se trouve ici  une différence avec ma proposition ?

En ceci qu'elle s' adresse directement à d' autres "personnes libres et égales" indépendamment de leur statut déjà institué de "citoyens libres et égaux" de telle ou telle "démocratie moderne" ... ou supposée telle.

Le  rôle fondamental, pourtant souligné par Rawls de la notion de "personne morale libre et égale", est dans ma proposition encore plus directement FONDATEUR, puisque ce que je propose n'est rien moins que de CONSTITUER un nouveau type de "société" et de "contrat social" sur la base même du LIBRE ACCORD entre de telles "personnes morales libres et égales" .
C'est très exactement pourquoi la partie "gauche" de ma proposition ( Intitulée "Égale Liberté - " , du même nom que le "premier principe de Justice" de Rawls, tout en étant plus général et plus vague en un certain sens ) EST INDISSOLUBLEMENT accompagnée de la partie "droite" de ma proposition ( " - Libre Egalité" ), parce que le principe fondateur commun ne VAUT que pour et par des personnes qui ont explicitement effectué le libre choix personnel d'un tel "contrat" , autrement dit qui sont des "personnes morales libres et égales" d'abord parce qu'elles ont elles-mêmes individuellement librement décidé de l' être et donc, à partir de là, décidé aussi de  reconnaître -  par définition de ce choix - , aux autres personnes faisant elles-mêmes un tel libre choix, exactement la même "qualité" co - instituée de "personne morale libre et égale". Aucune "appartenance" politique ou juridique préalable n'est ici présupposée, même si on peut supposer qu'on trouve de fait, historiquement, culturellement et socialement,  plus de personnes humaines "prédisposées culturellement" à faire un tel choix dans nos "démocraties modernes" que dans d'autres systèmes sociaux et politiques ...

Inversement, je ne suppose pas du tout un tel LIBRE CHOIX préformé chez tous les "citoyens" de fait de nos "sociétés démocratiques" et faisant partie d'un "sens commun". Dans la démarche volontariste que je propose, il ne s'agit pas de faire appel à un tel "sens commun", mais à la libre décision des personnes qui, pour chacune d'elles PEUT reposer sur des raisons partielles diverses et des "sens communs" tirés de toutes sortes d' expériences ou de contextes de vie ( y compris hors de nos "démocraties modernes") .

Il y a là plus qu'une nuance : Rawls espère réformer et approfondir le fonctionnement "démocratique" des "sociétés démocratiques" existantes.
Ma propre proposition vise à en CONSTITUER de nouvelles ( en fait UNE nouvelle ) à partir d'une association explicite de personnes réelles sur la base de leur libre accord personnel avec le principe de reconnaissance mutuelle de leur statut moral de "personne morale libre et égale".

Là où Rawls présuppose encore un accord de "sens commun sociétal" , je suis de plus en plus sceptique quant à l' existence d'un tel "sens commun" ... comme "ciment" supposé préalable de nos "démocratie modernes" . Je ne suis pas du tout certain de partager  un tel  "sens commun" avec un "Donald Trump", ni avec bien d' autres options économiques, politiques ou culturelles de certains qui assez visiblement  n' en ont pas grand chose à faire de se considérer eux-mêmes ou les autres comme des "personnes morales libres et égales" .

Mais je suis certain que ma propre libre adhésion à un principe d' "Égale Liberté" , dont le sens incarné précis peut cependant être variable tout en conservant  en effet un "sens commun" pour toutes les personnes concernées, cette adhésion PEUT être aussi celle de beaucoup d' autres personnes ... ou du moins d'une part importante et décisive de leur "personnalité" .

C'est de la manifestation personnelle publique d'un tel accord  ( manifestation que chaque personne peut mettre en forme suivant ses goûts et capacités personnels ) , que j' attends ( en la pratiquant ici moi-même ) la redéfinition "constituante" d'une "société bien ordonnée" POUR et PAR les "personnes morales libres et égales".

C'est donc VOUS qui voyez, par VOUS mêmes, jusqu' à quel point VOUS voulez être une "personne morale libre et égale" ET DONC reconnaître publiquement que VOUS reconnaissez librement et également  ce statut de "personne morale libre et égale" à  toute personne faisant cette même démarche d' auto-attribution personnelle ( "Liberté" ) ET  de de reconnaissance mutuelle ( "Égalité" )


Avons NouS , "personnes morales libres et égales" auto-instituées, réellement besoin de nous mettre dans la "position originelle" derrière le "voile d'ignorance" pour énoncer un tel accord mutuel ? Certes cela peut être un outil utile de reflexion personnelle ou plurielle à ce sujet, de façon à savoir plus "clairement" ce que l'on VEUT, en se positionnant ainsi comme "personne morale libre et égale".

Mais, s'il s'agit bien de l' auto-institution de la "MUTU - ELLE" des "personnes morales libres et égales", celles-ci, PAR DEFINITION, savent déjà librement ce qu' ELLES  veulent, "fondamentalement", et n'ont plus à en être "convaincues" de l' extérieur, par  quelque "force collective" que ce soit, ni par une analyse philosophique approfondie de quelques experts de "philosophie morale et politique" qui sauraient à leur place ... ce qui est "bon" et/ou  "juste" pour ELLES.

Donc, encore une fois, JE ME répète : C'est VOUS qui VOYEZ ...




 


Date de création : 04/01/2017 18:47
Dernière modification : 04/01/2017 18:47
Catégorie : ELLE, Rawls , le Bien et la Justice
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