EGALE LIBERTE

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La société idéale visée par le principe "ELLE" est différente de la "société bien ordonnée" rawlsienne

La société idéale visée par le principe "ELLE"

est différente de la "société bien ordonnée" rawlsienne.

 

La proposition de l' "Égale Liberté Libre Égalité" , s'adresse à toute personne : elle est totalement ouverte, du point de vue de la population où peuvent se situer ces personnes. En particulier elle ne se limite à aucun territoire, ni à aucune forme de société d'appartenance d' "origine" a priori de ces personnes.

1. Il y a là une différence très importante avec le projet rawlsien qui vise à établir une structure de base d'une "société bien ordonnée" dont il pense que le cadre de l' État-nation nos "sociétés démocratiques modernes" est déjà celui dont il faudra prendre en compte les frontières.
La "société idéale" dont je parle n'est a priori définie QUE par la libre volonté associative des personnes qui vont choisir de la constituer, à partir de leur libre volonté personnelle de se considérer réciproquement comme des "personnes morales libres et égales" : Je reprends ici la même expression que celle de Rawls. Le sens de cette expression sera donc probablement assez proche, mais reliée à une façon de concevoir le contexte social et politique très différente de celle de Rawls.

Citation de Rawls pour la définition de sa "société bien ordonnée" :

"Commençons par rappeler qu'une société bien ordonnée est une société qui se perpétue, une association autosuffisante d' êtres humains qui, comme un Etat-nation, contrôle un territoire donné. Ses membres voient leur communauté s'étendre dans le temps tout au long des générations successives et ils cherchent à se reproduire eux-mêmes ainsi que leur vie sociale et culturelle de manière quasi perpétuelle ; c'est à dire qu'ils considéreraient comme inadmissible et étranger à la conception même de leur association le fait d'avoir à envisager une date pour y mettre un terme. Enfin, une société bien ordonnée est un système fermé ; il n'existe pas de relations importantes avec d'autres sociétés, personne n'y entre de l' extérieur, car tous y sont nés et y vivent toute leur vie."

Qu'est-ce qui peut convenir également à la "Communauté des personnes libres et égales" dont je propose l' idéal :
" Une association autosuffisante d' êtres humains qui se perpétue" : OUI
Doit-elle nécessairement, "comme un Etat-nation" contrôler un territoire donné ? NON :
L' ancrage "territorial" ou plus ou moins déterritorialisé correspond simplement à la corporéité des personnes et à leur "propriété privée" et à la façon dont ces personnes organisent et connectent leurs "appareillages matériels" personnels. La "territorialité" de ces personnes correspond à leurs déplacements, dont l' aspect "sédentaire" ou "nomade" doit le plus possible être laissé à la liberté de circulation de ces personnes, et à leur liberté de résidence.
Une société "bien ordonnée" par le principe d' "Egale Liberté Libre Egalité" n'est par définition pas une société "fermée" . La deuxième partie du principe, "Libre Egalité" signale précisément que ce sont les personnes elles-mêmes qui choisissent d'y entrer et de pouvoir en sortir éventuellement, et surtout d' être diversement "dedans" ou "dehors", à la seule condition de ne pas chercher, quand elles sont "dedans" et pour autant qu'elles sont "dedans" par leur propre choix, à contrevenir à l' ÉGALE LIBERTÉ des autres personnes qui sont "dedans".

La gestion de la "frontière" morale est précisément d'autant plus confiée à la personne elle-même qu'elle est capable de reconnaître et de pratiquer concrètement la reconnaissance de l' "Égale Liberté" des autres.

2. Une des raisons importantes de différence entre la proposition des Principes de Justice rawlsiens et notre Proposition de l' Égale Liberté - Libre Égalité ( La "PELLE" ) vient principalement de la séparation extrêmement nette que fait Rawls entre une "doctrine compréhensive" qui, dans le cadre du pluralisme, ne vaut que pour les personnes qui  font le choix d'y adhérer, et d'autre part une "conception politique de la justice" dont il pense pouvoir démontrer que sa "théorie de la justice comme équité" peut définir la "structure de base" de toute "société démocratique". Cette différence, déjà présente dans l' importance de la distinction entre le "bien" et le "juste"  dans la première version de la Théorie de la justice, est renforcée à partir des années 1980 dans différents textes qui ont été réunis sous le titre général de "Justice et démocratie" ( traduction de Catherine Audard, Seuil 1993 ).

De ce point de vue, John Rawls pensait possible qu' un "consensus par recoupement" entre différentes positions politiques doctrinales aboutisse à une telle "structure de base" des sociétés démocratiques ... qui serait justement ce noyau de "principes de justice" qu'il pense avoir lui même dégagé, en passant par la procédure des "partenaires derrière le voile d'ignorance".

Dans ma propre "Proposition de l' Égale Liberté Libre Égalité", je n' ai plus aucune prétention à dégager un "consensus par recoupement" dans nos "sociétés démocratiques" actuelles.
Mais je parts au contraire d'un constat de divergences irréconciliables, non seulement entre des "doctrines compréhensives" auxquelles chaque personne peut se référer dans le cadre d'une société pluraliste, mais bien entre différentes versions de la "structure de base" de la société politique dans laquelle il voudrait vivre.

 

La crise actuelle du "fondement démocratique" dans nos "sociétés démocratiques" montre l' impuissance effective d'une proposition comme celle du "libéralisme politique" de Rawls à obtenir ce "consensus par recoupement" .

C'est précisément pourquoi un certain nombre de philosophies politiques essayent à nouveau d'enraciner l' "identité" du "commun" de telle ou telle "société démocratique" dans une "identité nationale" historiquement, socialement ou culturellement transmise, et non plus de s'appuyer sur un pur "constructivisme kantien"  comme voulait le faire Rawls.

La Proposition de l' Égale Liberté Libre Égalité  va au contraire dans le sens d'une véritable constitution "démocratique" radicale idéale comme chez Rawls, mais en abandonnant la prétention d'obtenir a priori un "consensus par recoupement" dans une société réelle déjà existante à l'intérieur de ses "frontières".

Notre proposition s'adresse directement à chaque personne réelle et à sa libre décision ( " - Libre Égalité" ) de constituer avec d'autres personnes réelles un nouveau type de "contrat social" associatif ( et non plus coercitif comme les anciens "contrats sociaux" ou "politiques" ), par lequel ces personnes se reconnaissent mutuellement une certaine forme "universalisable" d' "Égale Liberté - "  ( mais non pas universelle a priori ni imposée par un contrat politique ou d'identité sociale ou culturelle antérieure ) : une telle "Égale Liberté - " ne "vaut" donc que par et pour ces personnes qui CONSTITUENT par leur simple accord libre et volontaire un nouveau "PEUPLE" virtuel, à l' échelle planétaire ( et en principe extensible à toute entité "personnelle" capable de se reconnaître comme telle dans l' Univers ). Ce "PEUPLE" ne tient alors sa "souveraineté collective", librement reconnue par ses "personnes-membres" que du degré de mise en commun des "souverainetés" personnelles, de chaque personne sur elle-même, souveraineté qu'elle n' abandonne jamais qu' en raison contractuelle directe avec telle ou telle autre personne ou association de personnes. Il y a donc là, à la fois une certaine ressemblance avec la forme contractuelle de la "structure de base" d'une "société bien ordonnée" rawlsienne, ou encore du contrat social rousseauiste, et une différence considérable, très proche des conceptions libertaires anarchistes, en ce qu'il n' y aucune autre légitimité "politique" préalable en dehors de la reconnaissance mutuelle et du "respect" réciproque des personnes libres et égales.
Les systèmes juridiquement "légaux" en termes de "reconnaissance" de "souveraineté collective" par le droit international ne sont donc "reconnus" également "légitimes" par les personnes libres et égales qui en sont aussi citoyens ou éventuellement seulement "résidents", que pour autant que ces "collectifs étatiques souverains"  sont déjà capables d'assurer en effet une "structure de base"  allant dans le sens au moins de l' idéal d'une "société bien ordonnée" rawlsienne, et d'une réalisation minimale des "Droits de l' Homme" , où l' exercice des libertés fondamentales permet aux personnes "citoyennes" ou résidentes d'inventer qui le souhaitent, de construire les liens associatifs libres et égaux conformes à leur propre idéal personnel commun d' "Égale Liberté Libre Égalité".



 


Date de création : 30/01/2017 12:35
Dernière modification : 30/01/2017 12:35
Catégorie : ELLE, Rawls , le Bien et la Justice
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