EGALE LIBERTE

Accueil  Blog  Nouvelles  Téléchargements  Liens  FAQ  Livre d'or  Forum
Egale Liberté Libre Egalité : Symétrie et Dissymétrie

Égale Liberté Libre Égalité : Symétries et Dissymétries

La question de la relative "symétrie" de la formule "Égale Liberté Libre Égalité", en dehors des questions simplement formELLEs ou d' amusements esthétiques, pose en effet plus sérieusement  la question des fonctions de chacune des deux  "moitiés"  d' "ELLE" , d'une "aile droite" et d'une "aile gauche" par exemple ...

Une remarque anecdotique de janvier 2017:

Cependant, cher lecteur pressé, n'allez pas trop vite en besogne : ne croyez pas trouver ici une étiquette politicarde facile à coller.
Si en effet, vous pouvez trouver certaines parentés avec ce que certains ont appelé la "deuxième gauche", par exemple dans la référence fréquente faite ici aux travaux de John Rawls, vous vous tromperez beaucoup , en cette année 2017, en pensant déceler dans les textes de ce site un quelconque soutien préférentiel à tel ou tel "candidat à la primaire de gauche", ni un soutien à un quelconque "candidat de la gauche" en général .
Je vous rassure : encore beaucoup moins, cela est évident , d'un soutien potentiel à un candidat de la droite ou de l' extrême-droite ...

Si donc, il peut y avoir une résonance avec ce qui se passe dans le champ "politicien", c'est plutôt à travers la question générale de la "crise de la pensée de gauche" . Et donc avec la question de savoir comment il est possible aujourd'hui d' agir en faveur de l' "émancipation" , et simultanément de l' "Egalité ET de la Liberté, et non pas de l'une contre l'autre ou réciproquement.

S'agit-il pour autant d'encourager à voter pour "faire barrage à la droite et à l' extrême droite" ? Non plus.
En cette matière : soyez libres, faites ce que vous voudrez ... Pour moi, les choses sont claires depuis longtemps : ce n'est plus par le vote que je participe à l' élaboration d'un projet collectif d' émancipation : ce que j' ai à dire, je le dis directement dans l' espace public, et je ne mandate personne pour m' y "représenter".
Que ceux qui ont des oreilles pour entendre ...
 

Revenons à notre sujet principal : les deux expressions liées "Égale Liberté" et "Libre Égalité"

La différence fondamentale de fonction des deux "ailes" d' ELLE" réside d'abord en ceci :

- La première moitié " Égale Liberté "  se rapporte avant tout à un "contenu" faisant l' objet de définitions, de débats et de choix  :

 "Ce" que choisissent de poser en commun un certain nombre de personnes comme étant désormais le Principe fondamental de leur "Loi commune" :
 l' énoncé de "ce qu'elles veulent en commun" , par-delà toutes leurs autres différences possibles. L' énoncé donc de leur "Idéal" commun.
 Ce "contenu" peut alors aussi être comparé à d'autres propositions ou énoncés  voisins qui ont depuis longtemps été formulés et discutés dans l' histoire des idées et notamment la "philosophie morale et politique", autour des relations entre "Liberté" et "Égalité".

En particulier les énoncés qui ont déjà explicitement utilisé l' expression "Égale Liberté" , comme la Théorie de la Justice de Rawls, ou la "Proposition de l' Egaliberté" d' Étienne Balibar. Mais plus généralement aussi de tout ce qui a contribué à l' établissement d'une "Déclaration Universelle des Droits de l' Homme" en 1948, et donc de la question du fondement d'un "Droit International" ailleurs que dans la simple "souveraineté" cumulée des "États parties".

Ce "contenu" appelé "Égale Liberté - ", peut bien sûr à son tour devenir moteur ou actif, à partir de sa libre "institution" par les personnes qui y adhèrent.

Un tel "contenu" peut d'ailleurs être explicité, et rendu compréhensible, intelligible "pour tous", même si par la suite on n' adhère pas personnellement à ce qu'il signifie.
C'est donc prioritairement sur cette première moitié que porteront sans doute les questions de "contenu", de distinctions de concepts éthiques et politiques, etc.
C'est aussi un champ de débats philosophiques ou théoriques où je ne suis pas plus qualifié et souvent moins que beaucoup d'autres, dans l' analyse conceptuelle fine de telles différences entre systèmes de pensée ayant utilisé une expression comme "Égale Liberté".
Remarque : s'agissant d'un concept de "philosophie politique" tout autant que de "philosophie morale" , l' expression "Égale Liberté" relève comme toute expression utilisée dans le champ de la philosophie politique, des ambiguïtés et des conflits proprement "politiques" qui s'emparent de ce genre d'expression.
( A ce sujet il peut être intéressant de se rapporter aux analyses de Catherine Audard concernant les concepts de philosophie politique en général )

- La deuxième moitié "  - Libre Égalité " se rapporte avant tout à l'identité et à la "légitimité" du décideur et à l' ACTE personnel  libre effectif qu'il pose  :
  Le "décideur ultime" qui choisit entre différents "contenus" possibles des finalités éthiques et politiques est la personne elle-même, pleinement souveraine sur elle-même, si elle a décidé de l'être ... La décision ou le choix qu'elle fait ainsi en tant que personne individuelle peut ensuite être diversement "composé" avec les choix des autres ... suivant des procédures elles-mêmes ainsi délibérées et "choisies".

 L'  "Egalité " entre "personnes libres" ( objet ou contenu de la première moitié ) est considérée dans la deuxième moitié comme résultant, pour sa justification, d' un LIBRE CHOIX de ces personnes elles-mêmes : ces personnes choisissent d' être à un certain niveau égales entre elles. Cette Égalité n'est ni un "fait" antérieur, ni un "impératif catégorique", ni une "vérité morale", ni un "droit naturel" antérieur. Elle résulte de leur libre volonté personnelle, qui pourrait donc parfaitement, dans les faits ou au nom d' autres valeurs hétéronomes externes , être différente : Certaines personnes humaines choisiront "librement" ( au sens de l' adjectif "libre" dans "Libre Égalité" ), de ne pas être "égales" entre elles ( d'être "supérieures" ou "inférieures" à d' autres personnes ) ... et en conséquence ne feront pas partie ( par leur propre décision ) de la communauté éthico-juridico-politique instituée par l' adhésion au Principe d' "Egale Liberté Libre Egalité".
Ou n' en feront que partiellement partie dans la mesure même où leur accord avec ce Principe ne serait que partiel. Chaque personne peut en effet collaborer différemment et de façon plus ou moins appuyée à un tel Idéal Commun potentiel. Simplement, elle ne peut pas légitimement, espérer  tirer un "avantage" supérieur de cette collaboration, qu' elle n' est librement prête à y apporter sa contribution personnelle.

 Il s'agit donc d'instituer chaque personne ( et c'est elle-même qui effectuera ou non une telle auto-institution souveraine ) comme décideur ultime ( "souverain" ) en ce qui concerne sa propre adhésion ou non à la première moitié du principe d' "Égale Liberté - Libre Égalité".

Cette liberté auto-proclamée de la personne peut bien sûr se rapprocher de ce qu'on appelle traditionnellement le "libéralisme" ou même un "libertarisme".
Bref le principe d' autonomie de la personne individuelle, en tant qu'il est précisément auto-institué par de telles personnes, et non pas rapporté à un "ordre" social, politique ou culturel antérieur ou supérieur. C'est aussi ce qui devrait mener à une authentique décision "contractuelle" entre personnes qui prennent librement une telle décision, et qui du même coup institue une différence de référence éthique entre ces personnes et celles qui font d'autres choix.

Par construction et définition même, cette deuxième moitié " - Libre Égalité ", ne sera acceptée que par les personnes qui l' acceptent librement ... et ne chercheront donc pas à en imposer l' adhésion à quiconque. Mais celles qui l' acceptent en l' auto-instituant par elles-mêmes pour elles-mêmes, modifient du même coup la façon dont à partir de là ELLES redéfinissent leur libre rapport au "Principe d' Égale Liberté" qui n' a plus besoin d' être ( pour ces personnes ) un "principe nécessaire et universel", comme s'il devait s'imposer à tous les hommes depuis quelque lieu transcendantal ou de souveraineté constitutionnelle antérieure, puisqu' il leur suffit désormais de l' appuyer sur leur propre libre volonté personnelle individuelle. Il n'a même plus besoin de la fiction rawlsienne de la "position originelle", puisqu'on ne prétend plus établir un "principe de justice" qui vaudrait "pour tous" . Ceux qui sont personnellement en accord avec la démarche rawlsienne derrière le  "voile d'ignorance" peuvent bien sûr y recourir, mais rien n'oblige à une telle "procédure", puisque c'est en fin de compte la libre décision personnelle qui effectue un tel choix ... si elle le veut.

La première moitié donc " Égale Liberté - " , n' a plus exactement la même signification que les expressions équivalentes employées dans la Théorie de la Justice de Rawls, ou dans les théories cherchant à "justifier" les "Droits de l' Homme" en termes de "Droit Naturel" ou d'un quelconque ordre "originaire" surplombant, ni d'ailleurs dans les conceptions d'un "droit positif" qui ne verrait dans ces "principes" qu'une traduction de l' organisation sociale et politique  de fait  qui arrive à s'imposer en "droit" , par la "force de l' histoire" ... ou autres déterminismes collectifs. ( Versions plus ou moins édulcorées de "La loi du plus fort est  la meilleure", même réécrite en "La loi de celui qui arrive le mieux  à faire passer sa loi  en termes d'institutions juridiques positives tolérées ... est la meilleure" )

De nombreux penseurs ont depuis longtemps cherché et cherchent encore à trouver un moyen de "prouver" ou de "démontrer" ou de mettre en évidence ce qu'ils pensent être une "obligation" ou une "nécessité" ou une "vérité" universelle par laquelle ils croient pouvoir "convaincre" leurs auditeurs ou lecteurs d' adopter leur point de vue en faisant passer ce point de vue pour "universel" ou "rationnel" ou "raisonnable" . Certains, comprenant bien l' impasse théorique du "cercle logique" dans lequel une telle prétention s'enferme, ont cherché à contourner cette difficulté en prétendant recourir à un argument uniquement "pragmatique" ou "performatif" , en prétendant que tout interlocuteur de bonne foi, par le fait même qu'il acceptait de "discuter", acceptait en fait l' essentiel du "principe éthique fondamental" dont ils voulaient le convaincre. Autrement dit que, sans être capable de le dire ou de l' "avouer" explicitement, un tel interlocuteur était déjà a priori d'accord sur l'essentiel et "devait" par conséquent étendre  cet accord implicite "performatif"  ou "en acte" ( du fait qu'il accepte de discuter "d'égal à égal"  ... dans le dialogue  ) à toute la sphère générale de l' interaction sociale.

On trouve par exemple de telles démarches chez Habermas ou chez Marcel Conche. Le dispositif du "voile d'ignorance" chez Rawls, se rapproche d'une telle tentative de détournement, ou de "pied dans la porte", où comme certains vendeurs habiles, on cherche à trouver un point d'accord et d'intérêt du "client"  sur un sujet quelconque, pour ensuite en venir à le convaincre que c'est lui-même qui décide finalement d' acheter la marchandise  que le vendeur avait décidé de lui "fourguer".

Bien d'autres, plus compétents que moi, ont mis en évidence les "apories" de la "souveraineté démocratique" et de la façon dont un "peuple" devrait ainsi  "exister" comme tel, avant de s'être lui-même "constitué" comme tel.
( Voir par exemple à ce sujet Geneviève Nootens :"Souveraineté démocratique, justice et mondialisation " Ed. Liber Montréal 2010 )

Le lecteur aura compris que je n' ai pas l'intention de le convaincre de la valeur du principe d' "Égale Liberté Libre Égalité" , s'il n'arrive pas lui-même et surtout ne veut pas  s'en convaincre à partir de sa propre liberté personnelle  ...

C'est donc bien VousQuiVoyez .

Mais si vous avez lu jusque là, vous ne pourrez plus dire que vous n' avez jamais lu nulle part une telle proposition et que vous ignoriez qu'il était POSSIBLE de la prendre.

-------------------

Par définition de cette "Libre Égalité", chaque personne qui prend la décision personnelle d'y adhérer et d' adhérer à l' autre moitié du Principe ( Égale Liberté ), est et reste LIBRE de ne pas le faire, ou de se positionner dans un état intermédiaire dont elle a elle-même la responsabilité, et qui reste conforme à cette Libre Egalité pour autant que cette personne considère que les autres ont alors cette même Libre Égalité de nuancer leur "état intermédiaire" entre le "DeDans" et le "DeHors" : parler de la MEME "Libre Egalité" c'est précisément à nouveau faire appel à l' Égale Liberté ( l' autre moitié du Principe ).

Et c'est à chaque Personne de gérer pour ELLE-MEME , cette tension entre sa propre "Égale Liberté <-> Libre Egalité" et la tension équivalente qu' elle doit alors reconnaître aux autres adhérents comme elle se l' accorde à ELLE-MEME .

Le Principe d' Égale Liberté Libre Égalité, propose ici simplement un Principe "régulateur" commun, dont chaque personne qui l' adopte doit gérer elle-même "
en son âme et conscience" le degré de concrétisation "réelle", sachant que les autres auront toujours aussi cette même latitude de gestion qu'elle se donne à elle-même librement ...  ( Pour plus de précisions : approfondir la question de la "Frontière Fractale" entre le DeDans et le DeHors, et l'institution d'une "FraCternité" multiforme dans ces interstices ) .

 


Date de création : 04/05/2015 12:05
Dernière modification : 04/05/2015 12:05
Catégorie : Egale Liberté Libre Egalite
Page lue 7171 fois
Haut

Valid HTML 5.0 freeguppy.org © 2004-2019 En savoir plus ... Valid CSS 3

Document généré en 0.03 seconde