EGALE LIBERTE

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ELLE et le "Libertarisme de Gauche"

Le principe de "Libre Égalité"

( "Aile droite" d' EL - LE )
 

peut être considéré  comme un principe de liberté individuELLE

très approximativement comparable à un "libertarisme de gauche"

et plus généralement à toutes les philosophies politiques

qui cherchent une formulation théorique ( et pratique ... ) commune

à la fois de l' exigence radicale inconditionnelle de liberté personnelle

ET

de l' égalité réelle de cette liberté  entre ces personnes.

La  proposition "ELLE" consiste précisément à affirmer qu'une telle  exigence de liberté  individuelle "libertarienne" n'est pas contradictoire avec l' exigence d' "Égale Liberté" , dès qu'on pose qu'il ne s'agit précisément pas là de deux positions de "philosophie politique" abstraites indépendantes des personnes réelles qui les assument :
Autrement dit : pour dépasser l' "instabilité" qu'un certain nombre d'auteurs ont soulignée dans un "libertarisme de gauche" ( left-libertarianism ) , c'est précisément le recours à la libre VOLONTE personnelle d'un "libertarien de gauche" qui PEUT l' amener à former avec d'autres "libertariens de gauche"  une reformulation  à la fois libre et commune de leur "Egale Liberté".


 


Dans l' article que nous signalons ci-dessous, Jean-Fabien SPITZ analyse les propositions de ce courant du "libertarisme de gauche" et cherche à conclure cette analyse par l' affirmation d'une essentielle "instabilité" d'une telle position.

"Dans la période récente, le courant de pensée que l’on appelle « libertarisme de gauche » a cherché des manières de combiner la reconnaissance d’un droit de la personne sur elle-même (et éventuellement sur les choses sans la propriété desquelles ce droit demeure vide de toute substance) avec la possibilité de légitimer une exigence structurelle d’égalité [3]  Peter Vallentyne, « Left-Libertarianism, a Primer »,... [3] "

Et pour l' instabilité que Jean-Fabien SPITZ "suggère" concernant cette position :

"On suggérera, pour finir, que cette tentative de synthèse échoue et qu’elle dérive soit vers une affirmation de la propriété de soi s’étendant inconditionnellement aux choses (c’est l’hypothèse du libertarisme classique), soit vers une affirmation du caractère conditionnel de l’appropriation des choses qui aboutit à vider le principe de la propriété de soi de toute réalité (et l’on se rapproche alors à nouveau de l’hypothèse rawlsienne). Elle est donc essentiellement instable [5]  Mathias Risse, « Can there be “Libertarianism without... [5] ".

Ma thèse personnelle ( Armand Stroh ) est qu 'une telle "instabilité" peut parfaitement être compensée par la volonté personnelle explicite ( et LIBRE )  de la dépasser.
( C'est précisément l'un des aspects du double principe d' " Égale Liberté Libre Égalité " )

Cette  "instabilité" n'existe que pour autant qu' on considère le contenu des "théories de philosophie politique" indépendamment du libre choix personnel précisément des personnes d' y adhérer ou non, comme s'il était possible en matière de philosophie politique de construire des "vérités scientifiques" indépendantes des décisions personnelles que prennent des personnes réelles d'y adhérer ou pas.

D'une certaine façon donc, le principe de " <=> Libre Égalité " ( aile droite de "ELLE" ) exprime précisément cette participation de la liberté individuelle radicale, - directement compatible avec la "propriété de soi" de la personne des libertariens - à la constitution de nouveau lien ou contrat "égalitaire" entre ces personnes mêmes :

- A - t - on suffisamment remarqué, que même les "libertariens" les plus "extrêmes" ( dans leur auto-affirmation libertaire personnelle ), cherchent précisément à énoncer un principe qui leur est ... "commun" !  Et qu'ils sont d'autant plus prêts à "partager" entre eux qu'ils  sont attaqués de l' extérieur sur ce "principe"  de liberté personnelle radicale ... ? En défendant ainsi leur commun "libertarisme", ils ne sont pas ces "égoïstes égocentriques" ordinaires dont leurs adversaires cherchent à caricaturer l'image.
Mais il y a "libertarien" et "libertarien" ... Et certains d'entre eux, assez curieusement, prétendent fonder leur "droit" sur un "droit naturel", dont ils prétendent que les autres devraient aussi "obligatoirement" reconnaître le bien fondé !!! Alors que précisément, pour un authentique "libertarien", chaque personne est, en ce qui la concerne elle-même, le seul auteur légitime de son propre "droit" .

- Il devrait être assez facile à comprendre, qu' à partir d'un tel point de vue de liberté personnelle radicale et de "propriété de soi" de la personne, il y a précisément la possibilité pour une telle personne de CHOISIR  entre diverses options : en particulier de CHOISIR d' entretenir avec ses semblables ( en particulier les autres personnes "libertariennes" ... ) soit des relations à forte potentialités inégalitaires ( ce que font un certain nombre de "libertariens de droite" ), qui cherchent en fait à "justifier" leur INEGALITARISME par leur LIBERTARISME, ce qui n' en découle nullement ( logiquement ou "structurellement" ), mais qui résulte simplement du CHOIX qu'ils font d'une telle relation de concurrence et de compétition à VISÉE INÉGALITAIRE.
- Rien n' empêche des personnes "libertariennes" de faire au contraire un tel LIBRE CHOIX ( tout aussi "libertarien" !  ) de construire avec d'autres personnes libertariennes  des relations formelles et réelles pour l' essentiel ÉGALITAIRES, cherchant à défendre leur commune LIBRE VOLONTE PERSONNELLE de cesser de se considérer comme des personnes en rivalité concurrentielle, en compétition les unes avec les autres sur une dimension d' accès inégalitaire aux ressources.

C'est précisément un tel libre choix d'une "condition égalitaire" entre "libertaires"  que propose l' idéal d' "Égale Liberté Libre Égalité".  Mais, par définition même du libre choix en question, il n' y a que les personnes qui font ce choix qui peuvent aussi en "bénéficier" ...  Les autres - qui pourraient aussi le faire - ne sont pas "concernés" ... et restent donc avec leur propres choix ... et avec les problèmes qui vont avec.

Et si VOUS voulez être entre les deux à VOTRE façon, c'est VOTRE liberté, et donc VOTRE problème de voir comment VOUS "conciliez" VOTRE "accord" partiel avec VOTRE "désaccord" partiel ... en acceptant que d' autres fassent comme VOUS. Toutes les "nuances de gris"  VOUS sont ouvertes ... et aux autres AUSSI.

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Pour une analyse du "Libertarisme de gauche", on peut se reporter par exemple à l' article de Jean-Fabien SPITZ :

"Le libertarisme de gauche : l’égalité sous condition de la propriété de soi"

( http://www.cairn.info/revue-raisons-politiques-2006-3-page-23.htm )

Extrait :

"Ce courant de pensée emprunte donc au libertarisme l’idée que chacun est propriétaire de soi-même et il assigne ainsi des limites à ce que les autres peuvent faire à une personne sans l’accord de cette dernière. En particulier, il assigne des limites infranchissables à ce que peut une politique de l’égalité et il souligne que l’exigence déontologique du respect de la propriété de soi est une source de revendications morales indépendantes de l’exigence structurelle d’égalité. Inversement, les auteurs qui se réclament de ce courant entendent montrer que le droit que chacun de nous possède sur sa propre personne ne peut pas s’étendre aux choses que nous nous approprions, car toute appropriation de ressources extérieures transforme les conditions dans lesquelles les individus peuvent exercer le droit qu’ils ont sur leur propre personne. En d’autres termes, le droit sur soi ne donne pas un droit sur les choses extérieures et, contrairement à l’affirmation du libertarisme classique, les deux droits ont des fondements différents : chacun possède un droit exclusif et inconditionnel sur soi mais le droit sur les choses est conditionnel et subordonné à une exigence structurelle d’égalité. L’idée centrale du libertarisme de gauche est ainsi que les deux considérations sont compatibles, que le droit inconditionnel sur soi n’est pas détruit par le caractère conditionnel du droit sur les choses extérieures et que, inversement, le droit égalitaire sur les ressources extérieures n’est pas annulé par le droit inconditionnel et exclusif sur soi même."

Dans la proposition "ELLE", on retrouve ce double fondement :

Le principe de "Libre Égalité"  affirme le "droit exclusif et inconditionnel sur soi" ( "Égalité" Oui, mais entre personnes qui choisissent librement de l' être  )
-  Le principe d' "Egale Liberté" affirme entre autres que le droit sur les choses ( les ressources nécessaires pour l' exercice effectif, actuel et futur de cette Égale Liberté ) est conditionnel et subordonné à une exigence structurelle d’égalité ( ÉGALE Liberté : "Liberté" Oui, mais à condition de pouvoir être également partagée du point de vue des ressources, contraintes et conditions réelles d'exercice. )

Cependant, il y a une nuance importante :

     - La position qualifiée ici de "libertarisme de gauche" ( dont la partie "Libre Egalité"  de " ELLE" est approximativement une variante ) se considère en général, comme les autres positions de "philosophie politique", comme des propositions globalisantes, dont les partisans chercheraient à convaincre les autres êtres humains de partager leur point de vue, donc en compétition politique ou partisane pour un "pouvoir", comme si un tel principe devait s'étendre à l' humanité entière à la manière soit d'une "vérité", soit d'un "droit naturel".
     - La proposition "ELLE", par définition, se considère ELLE-MEME comme résultant d'un libre choix personnel ( comme le choix d'une préférence individuelle esthétique, de style de vie, d'orientation philosophique ou religieuse, etc. ) , donc précisément d'une LOI ou d'un DROIT CHOISIS , qui n' exigent par conséquent aucune adhésion "obligatoire" a priori pour des personnes qui font d'autres choix éthiques et politiques.
La "communauté" associative virtuelle des libres adhérents à la proposition "ELLE" , que j' ai proposé d' appeler " NouS" ( ou association universalisable des "personnes souveraines, libres et égales" ) , ne nécessite pour sa formation plus "incarnée" dans le réel, que la reconnaissance "mutuELLE" d'une telle adhésion, reconnaissance dont chaque personne adhérente "libre et égale" PEUT manifester la forme à sa façon "personnELLE", à condition de se poser la question précisément de la compatibilité de cette libre reconnaissance avec l' Égale Liberté des autres de proposer la leur, puisque c'est là l' objet principal même de cette "adhésion"  : Considérer la liberté des autres personnes adhérentes comme tout aussi défendable et justifiable que la sienne propre ... lorsque ces autres libertés font de même, réciproquement ! La notion d' "Égale Liberté" suppose précisément une telle réciprocité, à cause de la propriété formelle de "symétrie" d'une "relation d'équivalence" en général : je ne peux pas vouloir logiquement en même temps que ma liberté soit "égale" à celle des autres, mais que la leur ne soit pas "égale" à la mienne !

Mais il est logiquement possible de vouloir des libertés inégales, c'est à dire de vouloir être globalement plus "libre" ou moins "libre" que ne le sont d'autres ( car des inégalités partielles compensables sont parfaitement compatibles avec  le principe global d' "Égale Liberté"  ).
Mais les personnes qui choisissent librement de vouloir être globalement plus ou moins "libres" que  les autres membres d' une forme d' association commune à laquelle elles aspirent, ne peuvent pas confondre une telle association à fondement inégalitaire avec l' association  des "personnes souveraines, libres et égales" !

C'est ici aussi une nuance qui sépare la proposition "ELLE" de la "Proposition de l' Egaliberté" d' Etienne Balibar :
Celui-ci en effet considère qu'il y a une certaine forme de "vérité" ou de nécessité historiquement constatable de lien entre absence de liberté et absence d' égalité, même s'il convient que ce lien précisément est purement "négatif" ( "élenchos" ) :
La non-liberté finit toujours par entraîner aussi une inégalité croissante, et inversement des choix inégalitaires aboutissent finalement à diminuer les libertés.

Le lien spécifique CHOISI entre "Égale Liberté" et "Libre Égalité" en "EL - LE" , s'il peut en effet trouver une sorte de "circonstance favorable" en accord avec  la proposition de l' "Egaliberté"  décrite par Balibar, vise en plus à en affirmer VOLONTAIREMENT et LIBREMENT la mise en "équation" de la Liberté et de l' Égalité dans un Idéal explicitement  et consciemment posé et construit par les personnes qui choisissent d 'Y adhérer.

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Désaccord avec Jean-Fabien SPITZ ( ou plutôt avec Gerald A. Cohen dont il reprend la thèse  )

concernant le caractère "instable" de la proposition du "libertarisme de gauche".

Citation de Jean-Fabien SPITZ :

"On suggérera, pour finir, que cette tentative de synthèse échoue et qu’elle dérive soit vers une affirmation de la propriété de soi s’étendant inconditionnellement aux choses (c’est l’hypothèse du libertarisme classique), soit vers une affirmation du caractère conditionnel de l’appropriation des choses qui aboutit à vider le principe de la propriété de soi de toute réalité (et l’on se rapproche alors à nouveau de l’hypothèse rawlsienne). Elle est donc essentiellement instable [5]  Mathias Risse, « Can there be “Libertarianism without...

C'est précisément à cause d'une telle "instabilité" ... si on s'en tient à une simple analyse logique des supposés "fondements" des deux positions en présence, que, dans le cadre du "Principe d' Égale Liberté Libre Égalité", j' insiste sur l'existence d'un LIEN CONSCIENT VOLONTAIRE entre les deux, un  lien que choisissent  les personnes qui VEULENT à la fois être des "personnes souveraines" à la manière du "libertarisme de gauche" ET des personnes "libres et égales" dans un contrat de type "rawlsien" .

Il ne s'agit donc pas d'un principe procédural général qui viserait à contraindre tous les membres de la "société" à suivre une forme de "justice" dictée ou inspirée par les "libertariens de gauche" ! D'une façon plus générale , toute la "ratiocination" qui cherche dans ces modèles "théoriques" de philosophie politique à n' analyser que les aspects d'incohérence logique éventuelle des raisonnements, ne correspond PAS à l' état d'esprit d'une personne authentiquement "libre et égale", qui précisément parce qu'elle reconnait à ses pairs la même liberté de penser, ne cherchera pas à les embêter avec de petits calculs mesquins, car elle ne voudra pas plus que sa propre liberté de jugement soit entravée par de telles tracasseries de petits comptables mesquins. Le fait même de vouloir ainsi ratiociner sur les petits avantages des uns et des autres, montre qu'on n'est pas  réellement pour une égale liberté, mais plutôt pour une égale nuisance administrative et procédurière ...

C'est précisément au nom de leur liberté "libertarienne" que les personnes libres et égales décident par elles-mêmes d' entrer volontairement dans un tel "nouveau contrat social égalitaire", non plus à cause d'une supposé "rationalité universelle" de "principes de justice" issus d'une délibération fictive derrière le "voile d'ignorance", mais sur la base de leur propre décision libre et volontaire.  Du coup bien sûr, ce "nouveau contrat social" ne "vaut" QUE POUR ces personnes là ( "NouS" puisque j' ai choisi d' Y adhérer ...  ), qui constituent ainsi explicitement une nouvelle forme de "lien social" institué, initialement simplement "moral" ( libre choix personnel .. ) , mais progressivement instituable par et pour ces personnes comme nouvel ordre juridique et politique de LEUR association "souveraine".
 

Et les "autres", que deviennent-ils ?

C'est LEUR problème : ils ont toutes les institutions morales, juridiques, politiques du monde actuel ... pour se débrouiller avec LEURS propres choix, puisque nous supposons que précisément, ces "autres", librement, ne VEULENT PAS d'une forme ou une autre d' "Égale Liberté Libre Égalité", mais sont soit contre la Liberté individuelle, soit contre l' Égalité, soit contre les deux .
Ou alors continuent à penser qu'ils pourront IMPOSER de force par la violence ou la ruse un cadre de "Justice" ou de "Droits de l' Homme" à des personnes ou des regroupements divers de personnes qui n' en veulent pas, et qui eux ont envie, apparemment, de s'organiser ou de se combattre entre eux sur d'autres bases et d'autres références de valeurs ...

Quant à VOUS, lecteur .... c'est VousQuiVoyez ...


Date de création : 20/05/2015 14:28
Dernière modification : 20/05/2015 14:28
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