EGALE LIBERTE

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La Liberté auto-fondatrice de sa propre valeur

La Liberté auto-fondatrice de sa propre valeur.

- La liberté, en particulier sous la forme de la liberté de penser, nous permet et nous encourage à réfléchir à la valeur de cette liberté elle-même en général, et au rapport que la liberté et la valeur de cette liberté entretiennent avec d'autres valeurs que nous pouvons situer les unes par rapport aux autres dans un "système de valeurs", où nous accordons plus ou moins d'importance ou d'ordre prioritaire à certaines d' entre elles, en fonction des circonstances et évènements concrets auxquels nous avons à faire face ou par rapport auxquels nous avons à émettre des jugements et à faire des choix.

- La liberté est donc, par différence avec d'autres valeurs, directement concernée, non seulement comme "objet du choix ou du jugement", mais comme  propriété possible d'un choix en général, lorsque nous disons que nous faisons un "libre choix", et donc si nous disons que nous choisissons "librement" la valeur de la "liberté" comme essentielle pour nous.

Certes d'autres valeurs peuvent aussi servir à qualifier un choix, et nous faisons alors un "méta-choix" à propos des qualités que nous attribuons à notre choix.

Ainsi, on peut parler d' un "choix judicieux", d'un "choix honorable", d'un "choix téméraire", ou encore d'un "choix équivalent" , etc.
Nous pouvons donc avoir à faire un choix entre des types de choix ou choisir de préférence un "choix téméraire" à un "choix judicieux" , etc. , et ce méta-choix peut lui-même être qualifié.

On peut ainsi se demander si c'est "téméraire" de choisir plutôt des "choix judicieux" que des "choix téméraires" ...

Dans nos pratiques réelles les "méta-choix" ( en particulier si nous prétendons continuer l' analyse à n niveaux "méta" ) sont en fait "enchevêtrés" avec les choix de premier niveau : en choisissant une option A plutôt qu'une option B , nous choisissons aussi de fait simultanément, même si ce n'est qu'implicitement, un type de choix , et nous répondons de fait à toute la série des "méta-choix" que nous pourrions formellement distinguer,  et dont nous pourrions, si nécessaire, approfondir les "appels récursifs".

Parmi tous les qualificatifs que nous pouvons utiliser à propos de nos "jugements" ou de nos "choix", il en est un qui possède une signification particulière :

Nous pouvons qualifier notre choix de "libre" ou de "non libre"  ou "pas vraiment libre", ou de "choix contraint", de "choix obligatoire" .
Dans de telles expressions, nous comprenons déjà que  ce qui est en jeu c'est la notion même de "choix" : que le seul "choix" authentique est un "libre choix" , qu'un choix contraint n'est plus véritablement  un choix,  ou du moins pas "notre choix".

Autrement dit, s'il peut exister de nombreuses conceptions différentes de la liberté, il y a cependant un sens minimal de ce terme admissible par toutes ces diverses conceptions, qui est de pouvoir "choisir librement" entre ces diverses conceptions de la liberté.
C'est ce qui surgit spontanément comme protestation de votre part, si je cherche à vous imposer ma propre conception de la liberté :

"Quand même, je suis libre d'avoir ma propre idée de la liberté, quand il s'agit de ma liberté"  .

Oui, mais vous présupposez par là-même, par la "recevabilité" que vous supposez de votre protestation, que nous pouvons partager une signification minimale commune de ce que chacun appelle "sa liberté", à savoir précisément que chacun a fondamentalement  autant de "raisons valables" d'avoir le droit d'exercer sa propre liberté ... pour tout ce qui le concerne. Autrement dit, nous présupposons, par la "recevabilité" que nous supposons de notre libre protestation, que nous partageons un même "droit" à jouir de notre liberté personnelle. Nous présupposons alors ce que nous pouvons appeler une "Égale Liberté" ... y compris d'avoir sur le "contenu" actuel d'une telle liberté des idées très différentes, mais que nous considérons que chacun a le même droit  de poursuivre ses propres idées de liberté ... pour autant que les autres puissent ÉGALEMENT poursuivre les leurs ... et les "réaliser" suffisamment dans un "monde commun possible" ( dans l' "Univers" réel dont dépendent  les ressources pour une telle "réalisation" ) .

Il existe donc un "libre choix" fondamental, le choix "éthique" proprement dit, celui où chacun est amené en permanence à choisir :
- soit de reconnaître l' "Égale Liberté" des autres prétentions à la liberté personnelle,
- soit de prétendre qu'un système de privilèges supérieur distribue légitimement à certaines personnes plus de liberté légitime qu' à d'autres
  ( ... et en général chacun trouve de "bonnes raisons" à s'attribuer à soi-même un tel surcroît de liberté ... ou  à l' "instance suprême" qu'on a soi-même choisie )

- Certains prétendront que ce choix éthique n'est pas "libre", qu'il "vaut mieux" ( pour qui ? )
choisir l' "Égale Liberté" de tous qu' un système d' "Inégales Libertés" et qu' en conséquence un système d' "Égale Liberté"  s' IMPOSE à tous ... et ne peut donc pas être lui-même "librement choisi".
Et que tout système d' "Inégales Libertés"  devrait donc être exclu ... par  la "force" ( ???? )
  ( On trouve de ce côté beaucoup d'idéologies de "gauche autoritaire" : "dictature du prolétariat" ou autres dictatures "populaires" ou "populistes" ou "majoritaires" : remarque cependant : l' "Égalité" imposée ici ne l'est pas en général réellement à "tous" - pas aux "dirigeants" par exemple ... et en tout cas pas l' Égalité de leur Liberté !!! , car dans ce cas il ne pourrait pas y avoir "dictature" si chacun reste "aussi libre qu'auparavant" comme le prétendait Rousseau )

       ( C'est une des "méta-options" possibles concernant la liberté, méta-option que je ( Armand Stroh ) ne choisis pas ... parce que je VEUX que les autres PUISSENT - mais ne DOIVENT pas - accéder à cette même "Égale Liberté"  )

- Certains prétendront qu' au contraire il "faut" ou il "vaut mieux" choisir un système d' "Inégales Libertés" ... et que celui-ci d'ailleurs s'impose par lui-même ... du fait même de ces inégalités ...

      ( C'est une autre des méta-options" possibles, que je ( Armand Stroh ) ne choisis pas non plus )

( On trouve de ce côté beaucoup d'idéologies de "droite autoritaire", y compris de celles qui se disent "libérales", mais dont le souci essentiel est de conserver les "Inégales Libertés" de ceux qui en profitent ... en prétendant qu' elles résultent de leur "mérite" ... ).
On trouve aussi de ce côté toutes les "morales" hétéronomes où l' "égalité" des personnes,  hommes ou des citoyens comme leurs "inégalités légitimes" dépend  d'une INEGALITE FONCIERE entre une "nature humaine" et un "ordre moral" supérieur, divin, naturel ou cosmique, ou encore "transcendantal", ou même tout simplement constitué par une "autorité" collective constituée en SÉPARANT les volontés individuelles d'une "VOLONTE GENERALE". Cette dernière conception peut d'ailleurs rejoindre alors l' autoritarisme collectiviste d'une certaine extrême gauche, ou  l' autoritarisme "républicain" d'un "État" représentant cette "volonté générale".
( On aura reconnu ici l' influence typique d'une certaine interprétation de Rousseau ... )
 

- Je fais, au contraire des deux précédentes options, le choix que le choix de l' Égalité OU de l' Inégalité  des Libertés est lui-même "libre", mais que chacun, en fonction du choix qu'il fait, doit en accepter les conséquences ... pour sa propre liberté et pour celle des autres avec lesquels il interagit suivant l'un ou l' autre "contrat",  tacite ou explicite.
 

- Je fais alors EN PLUS de ce méta-choix de la Liberté  de chacun de choisir entre Égalité et Inégalité des Libertés, celui d' être en faveur de l' "Égalité des Libertés", mais du coup, plus entre "tous" en prétendant imposer à tous ma propre "méta-option", mais seulement avec ceux qui partagent, "comme moi", cette libre option de l' "Égale Liberté" :
Je suis pour l' "Égale Liberté" de tous ceux qui sont - librement - pour l' "Égale Liberté" ( que j' appelle désormais "NouS" ) .

Toutes les personnes qui choisissent "librement" l' "Égale Liberté" (  Parce que cette Égalité est Libre ... ou n'est pas ) forment donc, implicitement, par leur commun libre choix d' adhérer au partage de leur "Égale Liberté", une nouvelle entité collective potentielle ... à laquelle chacune de ces personnes peut apporter sa libre contribution, en particulier en se demandant comment en favoriser l' émergence plus "explicite" à la conscience de tous .

En particulier, mon site " http://egaleliberte.fr " où vous vous trouvez est une telle "contribution personnelle" .

A vous de voir quelle peut être la vôtre ... si vous êtes en accord avec ce même idéal d' "Égale Liberté".
En particulier rien ne vous empêche de préciser librement à votre façon, ce que VOUS vous entendez derrière cette expression "Égale Liberté" :

Quelle "liberté" reconnaissez-vous à d'autres comme "égale" à celle que vous vous attribuez - librement - à vous-mêmes ?


Un éclairage possible, d'un auteur souvent cité en référence par rapport à cette question, John Rawls et ses "Principes de Justice" .

Ma proposition partage certaines de ces interrogations et certains aspects de sa "Théorie de la Justice", mais diffère aussi de façon importante.
Sur certains points par exemple, je serais plus proche d' Amartya Sen, en ce qui concerne l'importance à accorder aux "capabilités" réelles des personnes de mettre en oeuvre leur adhésion éventuelle aux "Principes de Justice" .

Mais surtout, je n' ai plus, comme la majeure partie des philosophes proposant des "théories politiques", la prétention d' énoncer une "théorie" qui serait "valable" indépendamment des choix personnels de chacun.
Ma propre proposition "Égale Liberté Libre Égalité", inclut dans sa définition même, comme "Libre Égalité" , la proposition d'un CHOIX fondamental :
Si moi-même, par rapport à ce "libre choix" concernant l' Égalité, je choisis en effet librement l' "Égale Liberté", cela signifie que je suppose à d' autres la "liberté" de faire un choix opposé, à l' intérieur du monde "réel" commun, mais que je ne "CONSTITUE" plus alors avec eux un "BIEN COMMUN", ni même une "Justice" commune.
C'est là une différence importante avec RAWLS, dont tout le projet consiste précisément à distinguer une "justice" qui pourrait être "rationnellement ou raisonnablement" commune à tous les hommes ( ou seulement à ceux d'une même "nation" ? ou d'un même "peuple" déjà préalablement constitué ? ...) , et les conceptions du "Bien", qui dans son propre constat, sont marquées par la diversité culturelle et donc le relativisme des valeurs de ces cultures.

Dans la perspective de l' "Égale Liberté Libre Égalité", TOUTE personne qui souhaite bénéficier de la "protection" d'une telle loi contractuelle commune, doit pouvoir en bénéficier, indépendamment de sa situation d'origine, de qualités ou compétences personnelles, ou d'une quelconque autre "différence", sauf en ce qui concerne sa propre volonté d' adhérer à cette loi contractuelle commune, qui suppose l' Égale Liberté et la Libre Égalité des autres adhérents :
Si cette personne choisit "librement" de ne pas adhérer à un tel contrat commun, alors elle ne peut pas non plus demander à en bénéficier.
La conception progressive  et graduelle d'une telle adhésion lui permet d'ailleurs d' avoir toute latitude ( "liberté" ) dans son degré d'adhésion, étant cependant entendu qu'elle ne saurait exiger alors des autres qu'ils  adhèrent plus qu'elle-même ne le fait, et lui soient par conséquent "redevables" d'une aide ou assistance qu' elle-même ne serait pas prête à contribuer à garantir aux autres.
 


 


Date de création : 16/06/2015 14:54
Dernière modification : 16/06/2015 14:54
Catégorie : Egale Liberté
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